Région du Centre
9e édition des récréâtrales :
Plusieurs activités culturelles étaient au Rendez-vous

« Sortir de l’ombre », c’est sous ce thème que la 9e édition des récréâtrales s’est tenue à Ouagadougou, du 28 octobre au 05 novembre 2016. Ce grand rendez-vous culturel réunit de nombreux artistes locaux et étrangers. A la dernière journée de la manifestation nous y avons fait un tour.
Deux grands podiums pour accueillir les concerts, plus d’une dizaine de plateaux théâtrales repartis dans des cours d’habitations et à l’INAFAC, des Stands et des débits de boissons dressés çà et là pour la circonstance, une exposition de tableaux de vernissage et des objets d’arts sur toute l’artère, une foule immense, les récréatrâles s’étendent sur une rue d’environ 300 mètres à Goughin, quartier populaire situé à l’Ouest de Ouagadougou.
Pour cette neuvième édition, les organisateurs ont décidé de se pencher sur la lutte contre l’analphabétisme d’où le thème « Sortir de l’ombre ». Ainsi avons-nous constaté, sur des papiers peints, des graffiti sur bois, de petites phrases et expressions dans plusieurs langues du monde pour évoquer les sentiments ou le monde (perception) de ceux dont « les yeux ne voient pas du noir sur du blanc » ; ou encore de cette phrase culte à l’évènement « …et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre… ».
Les Récréatrâles, Résidences d’écriture, de création et de recherche théâtrales panafricaines sont aussi un cadre d’expression des artistes plasticiens. La plupart d’entre eux sont spécialisés dans le recyclage des matériaux hors d’usage.
C’est le cas de Moussa ZAGRE qui recycle les boîtes de conserve pour fabriquer des jouets d’enfants et autres objets. Selon lui, son activité est bien connue et il arrive à s’occuper dignement de sa petite famille. « Je fais le tour des festivals tels que les Nuits Atypiques de Koudougou, la Semaine Nationale de Culture, j’ai aussi des relations avec les Blancs qui viennent faire des commandes pour des expositions en Europe », a-t-il ajouté. Il apprécie positivement les récréâtrales qui lui ont permis de faire des affaires. C’est le même constat chez Marie Rose Coulidiaty, artiste comédienne et gérante de stand de vente de mets. Elle félicite les organisateurs d’avoir mis en place un dispositif de sécurité qui rassure les festivaliers avec un budget modeste. Cependant elle estime que le promoteur et son équipe peuvent mieux faire. « Pour ce qui est des plateaux des concerts, on pouvait avoir un dédié au public jeune où des artistes modernes vont jouer, là tout le monde trouvera son compte », s’est-elle confiée.
Issa TIENDREBEOGO, artiste comédien, estime que les récréâtrales sont une belle rencontre artistique, mais il déplore le fait que le festival ne se tienne qu’en l’espace d’une semaine seulement. Selon lui compte tenu du grand nombre des pièces théâtrales à montrer, ce serait mieux de prolonger les jours de la tenue de l’évènement.
Des représentations théâtrales, chaque soir, durant une semaine, une dizaine est proposée aux spectateurs. Le samedi 05 novembre, jour de clôture, nous avons pu assister à la représentation de « Si tu sors, je sors », un texte de Marc ABEDJIDJI et Gustave AKAPKO, de nationalité togolaise. Le titre est tiré du nom d’un pagne Wax hollandais, et à travers les noms des pagnes c’est le quotidien de la société africaine qui est mis à nu. « Ne me dites pas que c’est une coïncidence. Un pagne qui n’a pas de nom, à notre époque, ça n’existe pas. Et quand tu vas au marché, ce n’est pas le pagne que tu achètes, c’est le nom que tu achètes. Et ça c’est très clair et tout le monde le sait ». Les pagnes sont donc le véhicule de messages émis par les motifs.
Ainsi à travers chants, musiques et paroles, plusieurs tableaux sont proposés au public. Selon Marc ABEDJDJI, co-auteur et metteur en scène, les fables sont racontées à travers l’histoire des pagnes, et elles laissent voir différentes scènes psychologique, politique, et idéologique. Il reconnait avoir éprouvé des difficultés. « Le caractère particulier des scènes nous exige beaucoup de moyens et d’investissement personnel, mais nous le faisons avec plaisir. Notre art s’exporte mieux », a-t-il souligné. Les acteurs sur scène ont été ovationnés durant toute la représentation.

KARAMOKO, venu de la Côte d’Ivoire, représentant d’une structure de production de série télévisée trouve la scène assez particulière et très comique. « C’est très amusant, une heure et demie de bonheur. J’ai appris, j’ai réappris du théâtre ce soir, avec des acteurs formidables, un texte plein de rebondissements ».
Les récréâtrales se tiennent chaque année. En 2013, elles ont été sacré meilleur évènementiel théâtral au Burkina Faso, lors de la première édition des Lompolo.
Dieudonné NIKIEMA pour SC Info


