Région du Centre
Situation nationale
Le Cadre de Concertation Nationale des OSC veut mieux comprendre
Le Cadre de Concertation Nationale des Organisations de la Société Civile (CCNOSC), a organisé un panel débat le samedi 16 juillet 2016 à Ouagadougou. L’objectif de ce panel est d’avoir plus d’éclaircissement sur des questions portant sur l’actualité nationale. Le passage à la cinquième république, la problématique de la justice au Burkina Faso et la question des Koglwéogo sont les thèmes qui ont alimenté les débats.

C’est une véritable marée humaine qui a pris d’assaut la salle de conférence du CENASA pour ne pas se faire conter l’évènement. Après avoir entonné l’hymne nationale, c’est Safiatou LOPEZ présidente d’honneur du Cadre de Concertation Nationale qui a pris la parole pour expliquer le bien fondé du présent panel. Selon elle au regard de moult interrogations qui taraudent l’esprit du peuple burkinabè, il est nécessaire pour la société civile de contribuer à éclairer les lanternes des citoyens. « La justice burkinabè est à la croisée des chemins, la sécurité est menacée par des facteurs internes et externes et la société civile ne saurait rester en marge de ces inquiétudes » a-t-elle ajouté.

Abordant le thème portant le passage à la cinquième république, c’est le professeur Abdoul Karim SANGO qui a planté le décor. Pour le professeur, la constitution est la fondation majeure de toute société. Et si une constitution est mal rédigée on assiste à une société en perpétuelle crise. Pour ce qui est de la constitution de la quatrième république, Abdoul Karim SANGO estime qu’elle n’est pas totalement mauvaise mais elle comporte des insuffisances. D’ailleurs dit-il, elle a été imposée et calquée sur le modèle de la constitution française. Ainsi il faut une nouvelle constitution pour passer à la cinquième république. A en croire le paneliste, cette nouvelle constitution doit refléter l’histoire et l’identité du peuple burkinabè. Pour ce faire elle doit aller au-delà des intérêts momentanés, claniques et ethniques. Il y a deux possibilités pour l’adoption de la nouvelle constitution. La voie parlementaire et la voie référendaire. Au regard du caractère couteux du référendum Abdoul Karim SANGO privilégie la voie parlementaire.

Pour ce qui est de la question des Koglwéogo, c’est à Thomas DAKOURE représentant le Ministre de la Sécurité qui a eu la lourde responsabilité de donner des explications sur ce sujet. Tout en identifiant des Koglwéogo qui respectent la loi et des Koglwéogo qui ne respectent pas la loi, Thomas DAKOURE affirme que le Gouvernement ne saurait admettre la violation des droits humains. Le représentant du Ministre de la Sécurité Intérieure a rassuré les participants que les Koglwéogo ne sont pas une émanation de l’Etat et ne sont pas à confondre avec la police de proximité créée par l’Etat. Pour éviter les dérives de ces groupes d’auto défense le gouvernement est pour la sanction, la sensibilisation et l’encadrement de ces Koglwéogo.
Le dernier thème de ce panel a porté sur la justice. Les magistrats ont refusé de répondre à l’appel du Cadre de Concertation Nationale des OSC selon les organisateurs. C’est Sita SANGARE le Directeur de la justice militaire qui a abordé le thème portant sur la justice. A l’allure d’un professeur face à ses étudiants, Sita SANGARE a passé en revue les différentes procédures judiciaires. Comme il fallait s’y attendre la question des libérations provisoires de certains dignitaires inculpés suite au putsch manqué du 16 septembre 2015 s’est invitée dans les débats.
M’pempé Bernard Hien pour SCI


