Région du Centre
Exposition transhumance
L’association Afrikatiss à l’œuvre pour la réinsertion sociale des refugiés maliens
L’association Afrikatiss à travers son projet Designer for Peace a inauguré le samedi 4 juin 2016 une exposition intitulée Transhumance à l’Institut français. Cette exposition est le fruit du labeur d’artisans maliens réfugiés au Burkina en collaboration avec des Designers français. Les objets exposés y seront jusqu’au 24 juillet 2016.

Selon les initiateurs de Design for Peace, c’est un projet d’autonomisation en faveur d’artisans réfugies en situation d’exil prolongé au Burkina-Faso. Il est piloté par l’association Afrikatiss et a été initié avec le bureau Ouagalais du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Par ailleurs, « Design for Peace est une opportunité pour les artisans réfugies de valoriser leurs talents, de renforcer leur autonomie et d’améliorer le niveau de vie de leur famille et de leur communauté grâce aux fruits de leur travail », a indiqué la directrice artistique du projet, Nathalie Jacquault.
L’enjeu de ce projet est d’identifier et de mettre en œuvre des solutions innovantes et durables pour promouvoir l’autonomie de ces réfugiés et leur permettre de retrouver toute leur dignité. Il a pour objectif de structurer et pérenniser l’insertion socio-économique des artisans réfugiés. En effet, durant deux (02) mois et dans des conditions climatiques « extrêmes », cinquante (50) artisans maliens Touaregs et cinq (05) designers français ont partagé leur expérience et ont donné jour à de nouvelles créations. Le choix du thème de cet exposition s’est fait au regard des conditions des refugiés.
« A travers le terme Transhumance, on peut parler de la vie fondamentale des Touaregs et en même temps faire un clin d’œil à la situation des réfugiés et des Touaregs dans le monde », a martelé Nathalie Jacquault. À cet effet, les objets d’exposition ont porté sur les sujets tels que le thé, la tente, l’eau, la fête, le voyage qui reflètent la vie du touareg. Les artisans ont remercié les initiateurs du projet Design for Peace car cette résidence les a beaucoup aidés. A les entendre, les designers leur ont donné tout ce qu’ils savaient.

Selon la directrice artistique de Design for Peace, son équipe aimerait que le public burkinabè apprécie cette collection et soutienne leur projet. Cette exposition pourrait être l’occasion de précommander certains objets car la deuxième phase du projet est entamée et des fonds sont toujours recherchés pour la mener à bien.
Pour le directeur de cabinet du ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, par ailleurs représentant du ministre, Franck B. Christian Somda, le Burkina a reçu environ trois mille (3000) réfugiés, en majorité Touaregs qui ont tout perdu et ne se sont déplacés qu’avec leur savoir-faire. « Pour le gouvernement, le projet Design for Peace, à travers cette création artistique, leur permet de valoriser leur connaissance, de montrer ce qu’ils savent faire. Avec cette visite, on a pu voir la qualité de cette création », a-t-il ajouté. Le directeur de cabinet du ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat a reconnu que l’apport des designers français a permis de donner encore plus d’éclat à la création des refugiés.
Selon Franck B. Christian Somda, des mesures ont été prises pour que certains réfugiés maliens puissent s’installer au village artisanal. « C’est un centre de production, de création qui est comme une pépinière et permet à tous ceux qui y passent de pouvoir approfondir, améliorer la qualité de leur création ». C’est une façon pour le gouvernement de les aider, en leur donnant plus de visibilité notamment par la promotion de leurs produits afin qu’ils puissent également avoir un niveau de vie acceptable au Burkina, a conclu le représentant du ministre.
Pour la directrice de l’Institut français de Ouagadougou, Marine Leloup, l’initiative d’Afrikatiss est à saluer et son institut s’est donné les moyens pour la réussite de cette exposition. Selon Marine Leloup, ce qui importe en ce projet, c’est de permettre un développement économique durable pour les réfugiés.
Bernadette Dembélé pour SCI


