Insécurité au Burkina Faso :
Qui nous en veut noise ?

Le Burkina Faso se trouve dans une impasse sécuritaire, c’est du moins le constat qui se dégage vu les événements qui se sont succédé au mois d’octobre passé. Attaques terroristes, tentatives de coups d’Etat, les actes de grand banditisme etc. les pourfendeurs semblent être déterminés à rendre périlleuse l’existence au pays des hommes intègres. Qui se cache derrière ces agressions ? On peut risquer de se demander, mais en attendant d’y voir claire, la vigilance doit être de mise et une union sacrée des fils et filles de ce pays est plus que jamais souhaitée pour mettre en déroute les plans de l’«échafaudage ».
La dernière en date de la longue série d’attaques du mois d’octobre est celle perpétrée par des présumés bandits armés le lundi 31 octobre 2016 à 5km de Ariel, village situé à quelques encablures de Kerboulé, à une soixantaine de km de Djibo chef-lieu de la province du Soum. Selon des sources locales, cette attaque aurait fait deux morts d’une même fratrie. Kerboulé avait subi le 18 Octobre passé, l’assaut d’une horde armée, bilan quatre (04) personnes tuées et des blessés.
ces événements, comme s’il était écrit que le mois d’octobre viendra troubler la quiétude des Burkinabè, s’ajoute l’affaire dite « attaque pont de Nazinon ». En effet le 08 octobre des éléments des forces de l’ordre ont mis la main sur des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). L’interpellation musclée a fait deux morts. Selon des sources de la sécurité nationale, ces bidasses projetaient de mener un coup d’Etat. Au cours du mois d’octobre le pays des hommes intègres a enregistré deux attaques terroristes. A Intagom, dans le Soum, le 12 octobre, « les fous de Dieu » ont attaqué une position de l’armée faisant quatre (4) militaires et deux civils tués et du matériel militaire emporté. Le 22 octobre la police a abattu à Kilwin à Ouagadougou un présumé recruteur de terroristes. Selon la police, le terroriste est de nationalité burkinabè et la cellule aurait des ramifications dans la ville de Bobo Dioulasso. Ces attaques sporadiques au cours du seul mois d’octobre ont endeuillé des familles et installé à jamais la psychose au sein des populations.
Au-delà du banditisme armé et les agissements des bidasses qui refusent de rentrer dans les rangs de l’armée républicaine, les Burkinabè doivent apprendre à vivre désormais, à l’instar des populations des pays de la sous régions, avec un fléau mondial : le terrorisme.

En effet après l’attaque de Splendide hôtel et le restaurant Cappucino qui a fait plus de trente (30) morts en janvier dernier, le doute est dissipé, nous dérangeons les intérêts de ces illuminés. Ce branle-bas sécuritaire risque de plomber sérieusement les efforts des dirigeants qui tentent de redorer le blason d’une économie qui a subi les soubresauts des crises socio-politiques de 2014 et de 2015.
Avouons-le aucun investisseur sérieux ne souhaite miser dans un pays qui n’offre pas suffisamment de garantie en matière de sécurité et ce quel que soit la bonne foi et la détermination des dirigeants. Du coup, des langues se délient de part et d’autres pour situer des responsabilités. De l’avis de certains opposants et de leaders d’organisation de la société civile le gouvernement actuel fait dans l’amateurisme la gestion de la sécurité. Et d’autres sont allés loin en demandant la dissolution du gouvernement de Paul Kaba THIEBA.
Du camp d’en face, tous ce remue- ménage est tributaire d’un « échafaudage conçu et actionné » par ceux qui ont perdu le pouvoir à la suite de l’insurrection populaire d’octobre 2014.
En réalité, il n’y a pas de quoi à fouetter un chat. Qui de l’opposition politique ou de la majorité présidentielle a intérêt à ce que le Burkina Faso se trouve dans une grave situation sécuritaire ? Nous devons transcender nos divergences politiques, faire fi des accusations et des procès d’intentions et regarder dans la même direction car, le terrorisme n’a pas de parrain, ni de religion encore moins une famille politique. Nous sommes très loin de parvenir à vaincre cette nébuleuse avec notre dispositif sécuritaire actuel qui, il faut le rappeler, a été mis en mal dans plusieurs attaques terroristes.
L’urgence réside à doter conséquemment les forces de défense et de sécurité des moyens matériels à même de venir à bout de l’hydre du djihadisme. Et sur ce point le gouvernement est convaincu en témoigne les propos tenus par le Président du Faso lors du 56e anniversaire des Forces Armées Nationales. Il dit avoir pris des dispositions à « mettre les forces armées dans des conditions qui leur permettent de défendre vaillamment la patrie et les populations pour permettre d’assurer le développement économique et le progrès du Burkina Faso ». L’exécution de ce plan doit être immédiate au risque de céder une partie du pays, notamment le Sahel qui essuie, depuis un temps, des attaques de terroristes et la fureur des bandits armés. Il est aussi nécessaire de faire appel à toutes les expertises, d’où qu’elles viennent, pour vaincre l’ennemi imprévisible.
Il est évident qu’au rang des collaborateurs civils ou militaires du régime déchu, des compétences peuvent nous être utiles. Enfin en ces temps-ci la vigilance doit être de mise surtout au sein des populations. Celles-ci doivent se constituer en véritable service de renseignement. C’est le lieu de saluer la collaboration de la population de Yagma avec les forces de sécurité qui a permis de mettre hors d’état de nuire le présumé recruteur de terroristes. La population est donc fortement sollicitée.

Collaboration oui et après ?
Cependant, on demande aux populations de la collaboration et en retour rien n’est entrepris pour assurer leur sécurité. Du coup on abandonne le sort des dénonciateurs aux mains des délinquants. Nous voulons pour preuve les deux attaques à Kerboulé et près d’Ariel, localités voisines, ressemblaient fort bien à de règlements de compte. La première était dirigée contre des groupes d’autodéfense et la seconde avait pour cible le conseiller de la localité. Les délinquants armés les reprochent de les avoir dénoncés auprès des forces de l’ordre.
Ce mois de novembre les attentes en matière sécuritaire sont énormes. En effet, le Burkina Faso, au cours de ce mois, organise des événements d’envergure internationale, parmi lesquels le SIAO, le Tour du Faso, les Récréatrales, les Nuits Atypiques de Koudougou etc. Ces rendez-vous requièrent la participation de nombreux ressortissants étrangers, notamment des occidentaux, qui nous le savons sont les cibles privilégiées des terroristes.
Dieudonné Nikiéma pour SC Info


