Interdiction de l’exportation de la peau d’âne : Le ministre des Ressources Animales et Halieutiques donne plus de précision

Région du Centre

Interdiction de l’exportation de la peau d’âne 

Le ministre des Ressources Animales et Halieutiques donne plus de précision

Le conseil des ministres en sa séance du 03 août 2016, a pris des mesures portant réglementation de l’abattage de l’espèce asine, équine, et cameline et de l’interdiction de l’exportation de leurs produits. Pour mieux éclairer l’opinion publique sur le sujet, le ministre des Ressources Animales et Halieutique a organisé une conférence de presse le vendredi 12 août 2016 à Ouagadougou.

Le présidium.
Le présidium.

L’abattage des ânes en grand nombre depuis un certain temps a suscité des interrogations au sein l’opinion publique. Certains journalistes qui ont essayé de mieux comprendre cette affaire, ont vu leurs matériels confisqués par des chinois. Le phénomène devenant de plus en plus inquiétant, le gouvernement a pris des mesures pour mettre fin à cette pratique. Selon Sommanogo KOUTOU, ministre des Ressources Animales et Halieutiques l’exportation de la peau d’âne a connu une croissance exponentielle au quatrième semestre de l’année 2015 avec l’arrivée des apothicaires chinois.

En 2015, l’exportation annuelle de la peau d’âne est estimée à 33.000. Au cours du premier semestre de l’année 2016, les services vétérinaires ont contrôlés 65 000 peaux d’ânes à l’exportation. En plus de ces exportations autorisées, un circuit parallèle s’est mis en place, celui de la fraude défiant le circuit légal. A en croire le ministre, les quantités de peaux d’ânes exportées par le circuit de la fraude sont deux fois plus importantes que le circuit officiel.

Si cette pratique continue, en fin 2016 on aura un total de 390 000 peaux d’ânes exportées soit 32 500 peaux par mois. « Au regard du nombre du cheptel asin avec un effectif réduit de femelle, cette espèce disparaitrait du Burkina Faso d’ici fin 2019 » a laissé entendre sommanogo KOUTOU.

Des mesures pour sauver l’espèce asine (âne) au Burkina Faso

Avec l’avènement du « massacre » des ânes, selon le ministre des Ressources Animales et Halieutiques, des vols d’ânes ont été enregistrés dans toutes les régions du Burkina Faso. Après abattage, la viande est abandonnée sur les lieux. Ce qui permet de conclure que c’est la peau de cette espèce qui est recherchée. Pour éviter que ces derniers ne s’en prennent à d’autres races d’animaux, le gouvernement a étendu l’interdiction à d’autres espèces. En plus de l’espèce asine, il est également interdit d’abattre et d’exporter les espèces caméline et équine.

L’application du décret du 03 août 2016 devra permettre de préserver les espèces concernées, en limitant et en contrôlant leurs abattages ainsi que l’exportation de leurs produits. Ces mesures favoriseront un contrôle aux frontières afin que les exportateurs illégaux des asins, des camelins, des équins, soient réprimés. Cela passe par une meilleure collaboration entre les services vétérinaires, les services de douanes et les forces de défense et de sécurité.

Avec cette ruée sur la peau d’âne, les mesures du gouvernement s’avèrent nécessaires. Dans un contexte où l’on lutte pour la protection de certaines espèces en voie de disparition, il serait inacceptable que les burkinabè assistent impuissant à la disparition de l’espèce asine en fin 2019. D’ailleurs, il convient de rappeler que l’importance socio-économique des asins, des camelins et des équins dans le monde rural reste indéniable.

  M’pempé Bernard HIEN pour SCI

 mpempeb12@gmail.com

 

(Visited 1 times, 1 visits today)