Chaque 5 octobre est célébré la journée mondiale de l’enseignant. Au Burkina Faso, cette célébration est marquée par une marche des syndicats de l’éducation. Initiée par la coordination nationale des syndicats de l’éducation, cette manifestation visait à attirer l’attention des autorités burkinabè sur les difficultés qui émaillent le système éducatif de ce pays.
Après le rendez-vous manqué de 2015 dû au coup d’Etat de l’ex Régiment de sécurité présidentiel, la Coordination nationale des syndicats de l’éducation burkinabè a renoué avec la tradition en commémorant la journée mondiale de l’enseignant. Cependant, cette commémoration de 2016 est toute particulière en ce sens que les syndicats ont décidé de ne pas organiser des activités festives, mais une action de protestation qui s’est matérialisée par une marche des personnels pour soumettre leur préoccupation à leur ministre de tutelle. Selon le secrétaire général de la coordination, François De Salle YAMEOGO, cette attitude se justifie par le fait que les différentes luttes des structures syndicales de l’éducation ont conduit les gouvernants à prendre un certain nombre de mesures. Cependant, force est de constater que les réformes engagées dans le système éducatif sont loin de permettre une atteinte des résultats escomptés.
Pour lui, « la mise en place du continuum, est caractérisée par des déficits en infrastructures, en équipement et en personnel dont l’ampleur permet de parler d’une catastrophe éducative ». Il fustige également le système LMD, Licence-Master-Doctorat qui estime-t-il « chasse des universités publiques des milliers d’enfants du peuple ».
C’est donc par cette marche de protestation qu’ils ont inauguré la commémoration de la journée mondiale de l’enseignant. Partis de la bourse du travail de Ouagadougou, ils ont rejoint le ministère de l’éducation nationale où un message a été transmis au premier responsable de ce département, le ministre Jean Martin Coulibaly.
Dans ce message, les responsables syndicaux dépeignent un système éducatif empreint d’insuffisance et de difficultés. Ils évoquent entre autres « une qualité d’enseignement au rabais, une insuffisance d’infrastructures et d’équipement pédagogique, une suppression de certaines aides qui étaient destinées aux élèves, un recrutement de personnel en situation de précarité et de manque de formation, des conditions salariales dévalorisants, une mauvaise gestion des ressources allouées à l’enseignement ».
Les responsables de l’éducation qui ont reçu les marcheurs du jour disent ne pas ignorer toutes ces difficultés et promettent un traitement diligent de toutes ces préoccupations.
Pour les marcheurs, la situation actuelle du système éducatif n’est pas une fatalité. C’est pourquoi ils comptent renouveler et actualiser leur plate-forme revendicative qui date de quatre ans et est axé sur le statut et les revenues des personnels, les conditions de travail des acteurs et la qualité de l’enseignement.
Valentin YOUMANLI


