Région du Centre
La finance islamique pour la promotion du secteur privé

Dans le souci de doter le secteur privé de sources de financements islamiques, Burkina Islamic Forum, prévoit d’organiser un forum sur la finance islamique en janvier 2017 à Ouagadougou. Une conférence de presse a, de ce fait, été animée ce 29 novembre à Ouagadougou en vue de sensibiliser sur les opportunités qu’offrent cette finance alternative.
Selon l’ancien Directeur Général de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest(BCEAO) et maintenant à l’International Consulting Group, Justin Damo Barro citant le Forum Economique Mondial, le secteur privé est soumis à de goulots d’étranglements dus notamment au difficultés d’accès aux financements consécutives non seulement à la raréfaction des ressources depuis la crise financière de 2008. À ces contraintes conjoncturelles, le banquier a aussi indexé « des limites objectives» qu’aurait le système financier classique quant à « apporter des solutions appropriées » aux besoins de financements du secteur privé.
Forte croissance. Pour combler le déficit du système financier classique, des financements alternatifs ont vu le jour avec des fortunes diverses. Grace à son efficacité et à sa souplesse notamment, la finance islamique tire son épingle du jeu et ce, depuis une décennie. L’originalité de cette finance c’est qu’elle « implique les apporteurs de capitaux dans la réalisation et le succès des projets des bénéficiaires » a expliqué M.Barro. La forte croissance que connait cette finance va bien au- delà du monde musulman. Le taux de croissance est de l’ordre de 16% et il n’est pas jusqu’à l’Europe et les Etats-Unis qui ne l’ont pas adoptée. Conscients des opportunités qu’ils offrent, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et maintenant le Burkina ont décidé de promouvoir les financements islamiques en vue de soutenir leurs économies. Et la BCEAO, qui vient d’aménager un cadre règlementaire en vue de la promotion de cette finance, n’est pas en reste.
Avantages. Le Directeur Général de l’Institut Supérieur de Technologie(IST), Issa Compaoré qui a déploré le retard qu’accusent les pays d’Afrique de l’Ouest dans l’adoption de cette finance, explique que ce retard est dû à des raisons structurelles ; taux de bancarisation très bas. Il estime que la finance islamique offre plusieurs avantages du fait qu’elle soutient les projets concrets et qu’elle prône la transparence et la sociabilité « Dans la finance islamique, les entreprises ne sont tenues de payer que lorsqu’elles font des bénéfices contrairement au système de financement classique » a expliqué Aboubakari Ouédraogo du cabinet What You Need. De fait, le Directeur Général de l’IST prévoit d’adapter la formation dans son institut à cette nouvelle donne. Le séminaire, a donc pour ambition de vulgariser les avantages au public pour que celui-ci se les approprie en vue de promouvoir le secteur la privé au Burkina d’où le thème : « Finance islamique, mécanisme alternatif et innovant pour la relance économique du Burkina Faso ». Prévu du 26 au 27 janvier 2017,ce forum sera patronné par le Président du Faso et parrainé par la Ministre de l’Economie et du Développement Rosine Coulibaly. Sont attendus environ deux cents(200) participants qui aborderont des problématiques liées aux financements des secteurs tels l’agriculture, les infrastructures ainsi que l’emploi des jeunes et des femmes. Un séminaire de formation sur la finance islamique est auparavant prévu du 14 au 16 décembre 2016 toujours à Ouagadougou.
Soumana Loura pour SCI


