Ouahigouya : retour sur la résistance contre le putsch de septembre 2015

La nouvelle est accablante cet après-midi du mercredi 16 septembre 2015. Des éléments de l’ex. Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) ont en effet fait irruption dans la salle du conseil de ministres et ont pris en otage le Président de la Transition Michel Kafando, le Premier Ministre Yacouba Isaac Zida et deux ministres, Augustin Loada et Réné Bagoro. Ce qui a semblé être à une revendication corporatiste va se préciser au matin du jeudi 17 septembre 2015. Les institutions de la transition mise en place au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 venaient d’être dissoutes à moins d’un mois des élections couplées, présidentielle et législative par le Conseil National de la Démocratie. Le Général Gibert Diendéré est porté à la tête du pays. S’en est suivi alors une résistance active à travers les villes et villages du pays. La cité de Naba Kango, Ouahigouya, n’a pas été en reste de cette résistance que le peuple Burkinabè dans son ensemble a opposé au putsch du Général Gilbert Diendiéré et des éléments de l’ex. Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). Retour sur cette actualité majeure de l’année 2015 dans la ville de Ouahigouya.

Vue partielle des manifestants lors de la marche du 20 septembre 2015
Vue partielle des manifestants lors de la marche du 20 septembre 2015

A l’appel de l’Unité d’Action Syndicale (UAS), des Organisations de la Société Civile ainsi que des parties et formations politiques, la place de la nation Ouahigouya est prise d’assaut par les manifestants dès l’après-midi du jeudi 17 septembre 2015. Un premier regroupement test ayant eu pour objectif de mobiliser les troupes pour faire échec, à tout prix, à l’imposture du Régiment de Sécurité Présidentielle. C’est le début de la résistance citoyenne contre le putsch du Général Gilbert Diendiéré à Ouahigouya. Ainsi, jour après jour, c’est une place de la nation, rebaptisée pour l’occasion place de la résistance, qui aura servi de lieu de rassemblement pour les marches-meeting. Une résistance qui n’aura pas faibli, surtout pas avant la restauration des institutions de la république et le retour triomphal des Forces de Défenses et de Sécurité partis, entre temps à Ouagadougou, mettre fin à l’imposture du CND, aux côtés de leurs frères d’armes de l’armée régulière venus également de l’intérieur du pays.

Marche des femmes organisée le 18 septembre 2015 à Ouahigouya
Marche des femmes organisée le 18 septembre 2015 à Ouahigouya

Quid de la mobilisation ? Elle aura été simplement exceptionnelle du point de vue de la participation et de l’engagement avec un point d’honneur à la participation des femmes. Leur participation aura été des plus remarquables. Armées de spatules, de balais, de casseroles, etc. elles ont été toujours nombreuses lors des différentes marches-meeting organisées pour l’occasion. Du reste, elles ont été de ceux-là qui ont exercé cette pression morale déterminante dans la décision de l’armée régulière à se mettre du côté du peuple.

L’autre enseignement que l’on pourrait tirer de cette résistance citoyenne des Burkinabè face à l’imposture du Général Gilbert Diendiéré c’est le refus de voir encore l’armée, en dehors des casernes, exerçant des fonctions civiles. L’accueil triomphal réservé aux Forces de Défenses et de Sécurité, à Ouahigouya et dans les autres villes à travers le pays, après leur mission libératrice en dit long sur cette volonté du peuple burkinabè, dans sa grande majorité, de voir son armée se consacrer uniquement à sa fonction première qu’est la défense de l’intégrité et la sécurité du territoire national.

                                                                                                                                          SIB pour SC Info

 

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