Plaidoyer du Directeur Provincial de l’Agriculture en faveur des femmes et jeunes agriculteurs du Nayala
Fort longtemps l’État met en œuvres les moyens même si c’est insuffisant pour venir en aide aux femmes et aux jeunes afin de palier à l’éternel problème de l’emploi. Malheureusement ces efforts sont visibles seulement dans les zones urbaines au détriment de la majorité qui réside en zone rurale ou en milieu paysan. Ne sont-ils pas des citoyens de ce pays ? Plus rien ne sera comme avant ! Pour changer la donne, Mr Dakoné ZERBO Directeur Provincial de l’Agriculture du Nayala a initié une visite commentée dans les rizières des villages de Siéna et de Biba situés au nord sur l’axe Toma-Tougan.

Le Directeur Provincial de l’Agriculture M. Dakoné ZERBO accompagné de ses chefs de zone a, ce jour 25 octobre 2016 invité les Directeurs Provinciaux de la Jeunesse, de la Formation Professionnelle et de l’Insertion Sociale M. Boukary DIONOU, celle de la Promotion, de la Protection et de l’Autonomisation Economique de la Femme, Mme Larissa KANYALA à toucher du doigt les réalités de la jeunesse et des femmes rurales du Nayala qui se battent tous les jours avec des moyens dérisoires pour assurer leur sécurité alimentaire.
Le village de Siéna est situé à environ une douzaine de kilomètre de Toma sur l’axe Toma-Tougan. Méconnus par les administrés de la province, les jeunes et femmes de Siéna ont accueilli avec joie les directeurs provinciaux. A Siéna les deux directeurs provinciaux sont restés ébahis face au travail abattu par les femmes et les jeunes agriculteurs du village. Ce fut une belle occasion pour les jeunes et les femmes de Siéna de savoir que l’Etat dispose de services qui s’occupent des femmes et des jeunes dans notre pays.
Pour le Directeur Provincial de l’Agriculture, les jeunes et les femmes du milieu paysan doivent connaître leurs responsables provinciaux afin de pouvoir leur exprimer leurs besoins réels. Ils sont là pour eux également. Les responsables provinciaux ont visiblement reconnu la pertinence de la situation de la femme et de la jeunesse paysanne. Tous les projets presque n’associent point les milieux paysans et prennent moins en compte le domaine de l’agriculture qui occupe plus de quatre-vingt-dix pourcent (90%) de la population.
Avec une potentialité de plus deux cent (200) hectares aménageables seuls soixante-douze (72) hectares ont été aménagés à Siéna en deux phases depuis 2012 et 2013 par le Projet Riz Pluvial (PRP). Le groupement mixte des producteurs de riz de Siéna a la charge de la gestion du bas-fond. L’exploitation de la présente campagne est de quatre-vingt (80) hectares occupant deux cent quarante (240) paysans dont cent soixante-onze (171) hommes et soixante-neuf (69) femmes. Les femmes exploitent 21,625 hectares et les hommes 58,375 hectares. Les jeunes de seize à trente-cinq ans sont au nombre de soixante-quinze (75).
Quatre variétés de riz sont cultivées à Siéna : la TS2, la SR19, la 62N et la 45N. Dans l’attente d’un rendement moyen de trois tonnes neuf cent (3,900t/ha) à l’hectare le bas-fond de Siéna doit fournir pour cette campagne près de trois cent douze (312) tonnes de riz et ce malgré les multiples difficultés rencontrées par les producteurs. En plus de l’installation tardive de la saison et de son arrêt précoce, s’ajoute l’éternel problème d’écoulement de la production. Les producteurs n’ont que la Société Nationale de Gestion du Stock de Sécurité Alimentaire (SONAGESS) qui intervient tardivement pour l’achat de la production, abandonnant ainsi les pauvres paysans aux mains des commerçants dont le prix d’achat ne leur profite pas.
Après la rizière de Siéna M. Dakoné a conduit les directeurs provinciaux dans le bas-fond de Biba à une dizaine de kilomètre de Toma. Egalement le directeur provincial de l’agriculture bien connu dans le milieu paysan, parce que son bureau étant en réalité les champs des producteurs a voulu faire connaître ses deux collègues à la jeunesse et aux femmes paysannes du Nayala. Pour, lui c’est en connaissant les forces et les faiblesses de quelqu’un on peut réellement lui apporter l’aide qu’il lui faut.
Le bas-fond de Biba a commencé en 2009 par un aménagement de vingt-cinq (25) hectares, puis en 2016 avec quarante (40) hectares par le Projet Riz Pluvial (PRP). Les soixante-cinq (65) hectares aménagés sont sous la gestion du groupement de producteurs de riz de Biba. Il compte de nos jours cinq cent soixante-douze (572) membres dont trois cent trente-cinq (335) hommes et deux cent trente-sept (237) femmes ; les jeunes de seize à trente-cinq ans sont au nombre de deux cent quatre-vingt-trois.
Les variétés à Biba sont la FKR19, la 62N et la 65N. Ces braves paysans attendent pour cette saison plus 261,3 tonnes de riz pour un rendement de quatre tonnes à l’hectare (4t/ha). Le potentiel aménageable à Biba est plus de trois cent hectares.
Après la visite une séance de causeries débats a suivi dans le centre d’alphabétisation de Biba. Causeries aucours desquelles les producteurs ont été informés des actions du gouvernement de notre pays en faveur de la femme et de la jeunesse.

Les difficultés énumérées sont les même à tous les niveaux. Les surfaces aménagées sont insuffisantes. Les Producteurs de riz de Biba n’entende pas rester des saisonniers, mais des producteurs de toutes les saisons. Pour cela ils ont sollicité les deux hôtes du jour à les accompagner afin d’acquérir des puits et des motos pompes pour palier à la sécheresse et à l’irrégularité des pluies. Aussi pourront-ils se pencher sur la maraîcher culture pendant la saison sèche pour éviter l’exode rurale de la frange jeune vers les grandes villes. Ils ont également sollicité une batteuse et des formations au profit des femmes en étuvage du riz afin d’offrir une plus-value au riz local.
Comme le bousier qui pétri de force n’a d’yeux pour conduire sa bouse, les femmes et les jeunes de Biba et Siéna souhaitent tout simplement une synergie d’actions des ministères de la jeunesse de la formation professionnelle et de l’insertion et celle de la promotion, protection et autonomisation de la femme afin de leur offrir un espoir d’assurance alimentaire et de développement. Habituellement les actions du ministère de la jeunesse tournent autour des jeunes qui sont en ville laissant dans l’oubli la plus grande partie qui se trouve en milieu rural. Combien sont-ils de jeunes qui après avoir bénéficié de l’aide pour l’insertion professionnelle détournent les fonds pour d’autres fins. Vivement que le cri de Mr Dakoné KI soit la sonnette de l’alarme pour envoyer l’aide là où il se doit. Que les guichets et autres institutions de l’Etat qui œuvrent pour la femme ou la jeunesse associent ou priorisent ceux des milieux paysans.
Tigiane Antoine KI pour SC


