Humeur
Ah les femmes, révoltez-vous un jour!
« Bim bim », « popotin », « cul », « bobra ». Ce sont là un échantillon de qualificatifs pour désigner une partie du corps humain de la femme, en l’occurrence, les fesses. J’avais décidé de ne plus parler des femmes mais là, je suis obligé de ressortir ma plume au fond du placard où je l’avais rangée. Actualité oblige !
Il y a mon voisin qui ne cesse de bénir quotidiennement le Tout-puissant pour avoir créé la femme, et surtout avec « les deux boules collées derrière », tout en louant son ingéniosité, tant il aime les femmes callipyges ! Ne vous en prenez pas à moi !!!Je rapporte les paroles de mon voisin.
En fait, il y a de ces hommes qui aiment les femmes callipyges. À propos, faisons un peu de cours de littérature. Callipyge est un mot grec tiré du nom de la statue de la déesse Vénus callipyge. C’est un type particulier de statue grecque représentant la déesse Vénus, ou plus exactement Aphrodite, soulevant son péplos pour regarder ses fesses (superbes) par-dessus l’épaule. C’est en réalité une statue de la déesse de la beauté que l’on vénérait pour la perfection de ses fesses.
Même si les femmes callipyges n’ont pas nécessairement de « grosses fesses » mais plutôt de « belles fesses », en tout cas, elles sont appréciées par nombre d’hommes. Au Pays des hommes intègres, la tendance des femmes, surtout les jeunes, est de développer cette partie du corps qui fait, il faut le reconnaître souvent, leur charme. Peu importe, si j’étais femme, et si j’avais de grosses fesses, j’en remercierai mes géniteurs et surtout le Créateur. Et si je n’en avais pas assez pour attirer les regards des hommes, eh bien je ne tarirais jamais en remerciements ne serait-ce que pour la vie, la santé, les deux pieds, les yeux dont je peux faire usage.
Pourquoi chercher donc à ressembler aux autres ou à attirer l’attention ?
Soyez sereins, pas comme une maison inachevée, mais si une fille pousse les fesses, je ne sais comment, sachez qu’elle sera le paradis des garçons « coureurs de fesses ». Et ce n’est pas en faisant pousser les fesses, souvent en quinconze, que vous allez avoir un mari. Entre ces femmes qui font pousser cette partie de leur corps et celles qui font le « tcha tcho » ou la dépigmentation, pour moi, il n’y a pas de différence. Elles sont les mêmes parce que toujours à la quête de l’oripeau. Or comme le dit si bien l’Ecclésiaste « vanita et vanita, omnia vanitatum » c’est-à-dire « vanité des vanités, tout est vanité » !
Et quand j’entends qu’il y a un concours des « bim bim », je me demande bien où nous sommes ! Pourquoi aller exposer ses fesses pour faire plaisir aux ‘’hommes’’ ?, car c’est l’enjeu essentiel de ce concours-là. On a fini par tolérer « miss poug-bédré », « miss lolo » et autres types de miss que l’on connaît habituellement. Mais là, on vient de franchir le Rubicon.
Qui connaît la prochaine étape ?
C’est entraîner tout le monde dans la vulgarité et l’impudicité, parce que les hommes connaissent bien l’utilité des fesses. En tout cas, si j’étais femme, je ne participerai point et même guère à ce concours, et organiserait même une marche pour demander simplement l’annulation de ce concours qui ne participe ni plus ni moins qu’à vilipender l’image de la femme, qui a d’ailleurs trop souffert, avec souvent sa complicité.
Imaginez une mère à ce concours ???
Que diront ses enfants, ses voisins ? Dans la tradition africaine, on n’expose pas ses cuisses, encore moins ses fesses de la sorte ! Elles sont réservées pour le mari, c’est lui seul qui peut s’en délecter. Mais avec l’effet de la mondialisation culturelle, nous voici là !!!
C’est vrai que les femmes de forte corpulence sont souvent complexées, parce que la tendance est à la valorisation des femmes filiformes. Qu’à cela ne tienne, il n’y a pas de complexe à développer.
Et ces femmes qui passent leur temps à s’embaumer d’huile ou de produit pour avoir des « postérieurs bien nourris », cela n’est pas sans conséquence sur leur santé. J’aime bien cette assertion scientifique : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Il ne faut pas forcer la nature.
Bien sûr la beauté d’une femme ne se résume pas à son physique, le plus important c’est sa beauté intérieure ; car comme me dit souvent un autre voisin, « beauté conduit à la mairie, mais c’est comportement qui donne foyer ». Je me suis offusqué la dernière fois en entendant que des femmes utilisaient les cubes de bouillon culinaire en suppositoire pour faire grossir cette partie d’elles-mêmes. Je me suis demandé si c’était le même cube avec lequel on assaisonne les mets. On m’a répondu par l’affirmatif !
On verra tout dans ce bas monde !
Mais en attendant, je loue bien la témérité du Conseil supérieur de la communication (CSC) qui a demandé la suspension du spot publicitaire de ce concours-là. De la même manière que l’on s’est offusqué de la venue de l’artiste musicien camerounais Francko bien connu avec son tube « coller la petite » pour le concert de l’amitié qui avait été interdit à l’époque, on devrait s’en offusquer aussi.
Fort heureusement qu’il existe toujours des personnes dignes de ce nom au pays des hommes intègres, prompts à recadrer les choses dans l’ordre normal.
Le concours « Bim bim » appartient désormais au passé mais …ouvrons l’œil !!! Car comme le disait mon voisin, si le concours « Bim bim » passe, moi je ferai bientôt « miss belles cuisses » avec 10 millions pour la gagnante et une voiture. Et je suis sûr, j’aurai des adeptes, parce que la morale est devenue comme un ballon de football au Burkina. Tout le monde joue, tout le monde arbitre !
Yéro pour SCI


